La Maison des "ailleurs" à Charleville-Mézières

La "Maison des Ailleurs" a ouvert ses portes à Charleville-Mézières le 20 octobre 2004, le jour du 150e anniversaire de la naissance d'Arthur Rimbaud. Il s'agit de la maison du poète, celle où il vécut et d'où il ne cessa de s'évader de 1869 à 1875.

 

Sa conception, ainsi que celles du "Parcours Rimbaud" et de la refonte du "Musée Rimbaud" est le fruit du travail de Bernd Hoge (architecture), Bertrand Paulet (paysage), Guliver Design (muséographie), Olivier Auber (scénario & multimédia).

 

L'association est-ce une bonne nouvelle a choisi onze artistes pour investir la "Maison des Ailleurs". Chaque artiste propose un univers poétique, sonore ou vidéo, dans l'espace pour lequel il a été choisi :

 

  • au rez-de-chaussée, dans les pièces consacrées à l'attente, à Marseille et à la mort de Rimbaud, le compositeur Frédéric Minière qui a réalisé de nombreuses musiques de scène, propose deux bandes sonores, la première étant une invitation au voyage et la deuxième évoquant le retour et la mort de Rimbaud.

  • au premier étage, dans la chambre de Rimbaud, lieu de gestation de l'écriture et des colères contre la famille et la société, le cinéaste yann beauvais, connu pour son travail expérimental et engagé, a conçu une installation vidéo qui met en espace des fragments mouvants de poèmes.

  • dans la pièce consacrée à Paris et à la Commune, l'écrivain Emmanuel Adely dont l'engagement personnel, intime et social, détermine une écriture tendue et radicale, a écrit deux bandes-son qui évoquent, l'une, l'irruption de Rimbaud dans la société parisienne, l'autre sa rencontre avec Verlaine et sa plongée dans la poésie.

  • dans la pièce consacrée à Londres, Jean-Michel Espitallier, poète iconoclaste au large champ d'investigation, a conçu une bande-son qui utilise la scansion d'un poème tiré des Illuminations, mêlé à des sons mécaniques, pour évoquer la découverte et le rythme de la ville industrielle, et son influence sur l'écriture du poète.

  • pour la pièce de Bruxelles, l'écrivain et plasticien frédéric dumond, qui remet en cause la structure même de la langue et la décompose pour recomposer du sens, a réalisé deux bandes-son qui font dialoguer son écriture avec Une Saison en enfer, et qui interrogent la prose rimbaldienne dans sa contemporanéité.

  • au deuxième étage, sur le palier consacré à Roche comme lieu de départ et de retour, le vidéaste patrickandrédepuis1966 dont le travail s'ancre dans un rejet viscéral de l'ordre social, familial, et de tout dogmatisme, projette une vidéo qui interprète, autour du mur de la maison, le refus rimbaldien de tout carcan.

  • pour la pièce consacrée à l'errance de Rimbaud en Europe, la vidéaste Sabine Massenet, qui dans ses films questionne l'image dans ce qu'elle impose et dans ce qu'elle prétend, a réalisé une installation vidéo qui met en scène les ailleurs fantasmés, tels qu'on les rêve sans jamais les atteindre.

  • dans la pièce consacrée à la quête de l'Afrique, le vidéaste Nicolas Barrié, qui expérimente le réel, le décompose, et l'utilise comme sujet de son travail, propose une installation vidéo qui, partant d'une image évoquant la marche, aborde le temps où Rimbaud tente des ailleurs.

  • pour la pièce dédiée à Aden, le vidéaste et plasticien Roland Schär qui travaille sur l'étirement du temps et le corps dans ses apparitions fantomatiques, projette une vidéo construite autour d'images de marche dans le désert, de fragments de lettres de Rimbaud, de paysages asséchés, qui disent l'ennui, et le temps qui passe.

  • dans la pièce consacrée à Harar, le vidéaste Christian Barani, qui recherche la réalité des êtres qu'il rencontre et des lieux qu'il traverse, propose une installation vidéo dont les images sont tournées dans le Harar d'aujourd'hui, et qui évoquent le destin de Rimbaud sur place dans son exil volontaire de la poésie.

  • pour les pièces du 2e étage ainsi que pour la chambre de Rimbaud, le musicien et expérimentateur Thomas Köner, qui structure ses compositions en couches sonores, a écrit un ensemble de bandes-son en nappes progressives, qui mêlent fragments de poèmes et compositions chromatiques personnelles dans un ensemble à l'image du poète, polymorphique.